Épargne retraite : combien regrettent de ne rien avoir mis de côté ?

36 %. C’est la part de Français interrogés qui n’ont rien mis de côté à l’approche de la retraite, d’après le Cercle des épargnants. Près d’un sur deux avoue, avec le recul, qu’il aurait dû s’y prendre plus tôt. Pourtant, beaucoup ne considèrent l’épargne retraite qu’une fois le cap de la cinquantaine franchi.

Pourquoi tant de Français regrettent de ne pas avoir épargné pour leur retraite

L’épargne retraite reste longtemps à la marge des priorités. Mais le réveil est brusque : à l’aube du départ, nombreux sont ceux qui mesurent l’écart entre leurs espoirs et la réalité. Selon les dernières enquêtes, près d’un Français sur deux fait le même constat amer : il n’a rien prévu, ou si peu, pour la retraite. Ce regret n’est pas abstrait. Il surgit, palpable, au moment où la différence entre pension attendue et besoins réels se creuse.

Le fameux taux de remplacement, ce pourcentage du dernier salaire que l’on retrouve dans la pension, s’effrite d’année en année. Le marché du travail se fragilise, les carrières se morcellent, et l’anticipation fait souvent défaut. Beaucoup, absorbés par les urgences de l’instant, reportent l’idée même d’épargne retraite. Quand l’heure approche, l’inquiétude monte : comment maintenir un niveau de vie décent avec des revenus en baisse ?

Combien faudrait-il avoir mis de côté pour s’assurer une retraite confortable ? Difficile de répondre sans regarder les chiffres. En France, la pension moyenne d’un salarié du privé ne représente qu’environ 74 % de son dernier salaire. Parfois moins, selon les parcours. Ce décalage nourrit les regrets, mais aussi l’angoisse : sans réserve financière, difficile d’aborder sereinement les années post-travail, entre frais fixes et imprévus à gérer.

Voici ce qui ressort le plus souvent parmi les sources de regrets :

  • Pension insuffisante : la diminution des revenus fragilise l’équilibre du quotidien.
  • Hausse de l’espérance de vie : la retraite s’étire, les besoins financiers aussi.
  • Absence de planification : une méconnaissance des dispositifs existants accentue la vulnérabilité face à l’avenir.

À quel moment la prise de conscience se fait-elle vraiment ?

Pour la majorité, le déclic ne se produit pas à 30 ni même à 40 ans. Il survient souvent autour de la cinquantaine, au moment où l’on commence à simuler ses droits et à regarder en face le montant de la future pension. L’usage des simulateurs en ligne devient alors fréquent, un geste parfois révélateur, souvent teinté de crainte. On découvre, chiffres à l’appui, un delta bien réel entre l’espéré et le possible.

À ce stade, la question « combien mettre de côté ? » prend soudain une dimension très concrète. Certains envisagent un plan d’épargne retraite, d’autres repensent leur stratégie patrimoniale. L’anticipation prend du relief, surtout lorsque le temps manque et que la fenêtre pour agir se rétrécit. Les choix deviennent plus pressants, les marges de manœuvre plus étroites.

Quelques chiffres illustrent ce timing :

  • Âge de la première simulation : en moyenne, autour de 52 ans selon divers sondages récents.
  • Capital moyen espéré : souvent bien supérieur à ce que les actifs ont réellement réussi à constituer, d’où un besoin de réajustement tardif.

Les conséquences concrètes d’une épargne insuffisante à la retraite

Vivre sa retraite avec une pension trop faible, c’est s’exposer à des choix difficiles chaque mois. En France, le revenu moyen des retraités tourne autour de 1 400 euros nets. Mais de nombreux profils, notamment ceux aux carrières hachées ou aux faibles qualifications, se retrouvent bien en dessous. Le passage à la retraite ne rime pas toujours avec stabilité financière : au contraire, pour ceux qui n’ont rien mis de côté, chaque budget devient une équation à résoudre. Se chauffer, se soigner ou soutenir ses proches peut virer au casse-tête quand le patrimoine ne suit pas.

Les rendements des placements classiques ne font pas de miracles. Sans épargne préalable, les risques d’endettement, de privation ou de dépendance vis-à-vis de la famille augmentent. Les demandes d’accompagnement social explosent, notamment chez les personnes âgées isolées. Derrière l’image d’une vie active bien remplie, la précarité avance masquée.

Les données suivantes mettent en lumière les points de fracture les plus nets :

  • Taux d’épargne très bas chez les personnes sans diplôme : la transmission du capital devient problématique.
  • Pensions incomplètes pour les carrières courtes ou morcelées : la qualité de vie s’en ressent directement.

Prendre sa retraite sans avoir accumulé d’épargne, c’est s’exposer à une instabilité financière constante. Avec des revenus en baisse et une longévité accrue, il devient indispensable de repenser ses priorités. Beaucoup réalisent, parfois trop tard, que quelques économies auraient pu faire la différence, ne serait-ce que pour préserver une part d’autonomie.

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Des solutions accessibles pour commencer à préparer sa retraite, quel que soit son âge

Le plan d’épargne retraite (PER) s’est imposé comme le choix privilégié pour ceux qui veulent compléter leurs futurs revenus. Ouvert à tous, il attire aussi bien les jeunes actifs que les quinquagénaires décidés à rattraper le temps perdu. Grâce aux versements libres ou programmés, chacun peut adapter sa stratégie à ses moyens. L’avantage fiscal, sous réserve de la durée d’épargne, constitue un atout supplémentaire.

L’assurance vie reste une autre option de poids. Placement souple, elle permet de bâtir un capital sur le long terme tout en offrant la possibilité de réajuster ses supports selon l’évolution de ses besoins. Entre fonds en euros et unités de compte, il existe un large éventail d’options pour équilibrer sécurité et rendement. De quoi améliorer son patrimoine et préparer une transmission sereine.

Voici les pistes à considérer pour s’y mettre, quel que soit le moment :

  • Versements modulables : il suffit parfois de quelques dizaines d’euros par mois pour démarrer.
  • Avantages fiscaux : déduction des versements sur le PER et fiscalité avantageuse à la sortie pour l’assurance vie.
  • Accès progressif : même en démarrant tard, il reste possible de valoriser son capital.

Il ne faut pas non plus négliger les dispositifs d’épargne salariale comme l’intéressement, la participation ou le plan d’épargne entreprise. Offerts par de nombreux employeurs, ils facilitent la constitution d’une réserve financière sur le moyen ou le long terme. Les conseillers financiers encouragent à suivre régulièrement la performance de ses placements et à les adapter selon ses objectifs ou les évolutions de la réglementation.

La retraite se prépare rarement dans l’urgence, mais chaque pas compte. Qu’on débute à 30, 50 ou plus, la différence se mesure au fil des années, et au moment de franchir le seuil, la tranquillité d’esprit n’a pas de prix.

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