À 70 ans, plus de six personnes sur dix préfèrent faire leurs courses le samedi matin, révèle une enquête du Credoc datant de 2023. Cette tendance surprend : une majorité de seniors disposent pourtant de temps libre en semaine et pourraient aisément éviter l’agitation du week-end.
Derrière ce choix qui interpelle, plusieurs raisons s’entremêlent : rythme familial, dispositifs d’accompagnement, habitudes forgées au fil du temps. Diverses solutions s’adressent aujourd’hui à ces besoins, rendant ce passage obligé du samedi moins pénible qu’autrefois.
Le samedi, un rendez-vous privilégié pour les seniors ?
Pourquoi autant de personnes âgées privilégient-elles le samedi pour remplir leur caddie en supermarché ? Les témoignages convergent : maintenir un lien social reste décisif. Pour certains, cette sortie hebdomadaire représente l’unique occasion d’apercevoir des voisins ou d’échanger avec les caissières. D’autres profitent du samedi pour se synchroniser avec la vie familiale : enfants, petits-enfants, repas partagés, la convivialité refait surface.
Les samedis matins, les allées des enseignes de grande distribution, E. Leclerc, Carrefour, Franprix, L’Heure du Marché, s’animent. On y croise pêle-mêle familles pressées, travailleurs du week-end, retraités seuls ou accompagnés. Ce va-et-vient favorise l’observation, la discussion, parfois même des élans de solidarité entre générations. Faire ses courses le samedi, c’est s’inscrire dans le rythme de la vie locale. Nombreuses sont les personnes âgées qui y trouvent une continuité avec leur passé professionnel, un repère dans leur semaine.
Pour d’autres, le samedi se choisit aussi par pragmatisme. Voici trois motivations qui reviennent souvent :
- Retrouver du monde : briser la solitude.
- Anticiper les repas familiaux : renouer avec la chaleur collective.
- Bénéficier des promotions : optimiser dépenses et variété alimentaire.
Cette fidélité au samedi s’explique aussi par l’envie d’organiser les repas du week-end, synonymes de partage et de prévention de l’isolement social.
Quels sont les vrais défis des courses pour les personnes âgées
Le samedi matin, pousser la porte d’un supermarché n’a rien d’anodin pour bien des aînés. Les défis sont réels dès le trajet : mobilité réduite, transports en commun à prendre, chariots à manier, rayons parfois bondés. Tout cela exige préparation et parfois, une énergie qui fait défaut. Rapidement, la fatigue s’installe, forçant à ralentir ou même à écourter la sortie.
Préserver l’autonomie reste une priorité. Beaucoup tiennent à démontrer leur confiance en leurs moyens physiques, mais la réalité impose parfois de préparer une liste de courses détaillée, de limiter les allers-retours en magasin, ou de solliciter un proche. L’accompagnant ajuste alors le rythme, conseille, aide à choisir les produits selon la forme du jour. Quand la perte d’autonomie s’invite, chaque geste, sélectionner un article, comparer les tarifs, porter les sacs, devient plus exigeant.
Face à ces obstacles, certaines solutions sont désormais bien identifiées :
- Utiliser un chariot de course pensé pour la stabilité, à la bonne hauteur, afin d’éviter les chutes et de faciliter les déplacements.
- Profiter de la livraison à domicile, proposée par des enseignes comme Carrefour, Auchan, Leclerc ou Monoprix qui développent des offres adaptées à la mobilité réduite.
- Opter pour le transport à la demande (TAD) : une alternative rassurante pour rejoindre le magasin sans stress.
Mais au-delà des aspects logistiques, il faut aussi surmonter la barrière sociale : franchir la porte du magasin, oser demander de l’aide, rester connecté à la vie de quartier et à ses commerçants de proximité.
Accompagnement et services : panorama des aides disponibles
Les dispositifs d’accompagnement se diversifient sans cesse, axés sur la proximité et l’écoute. Les entreprises d’aide à domicile telles que Petits-fils proposent des interventions taillées sur mesure : aide à la rédaction de la liste, accompagnement en magasin, portage des sacs, assistance à la préparation des repas. Les auxiliaires de vie sont recrutés pour leurs compétences pratiques mais aussi pour leur empathie et leur sens du contact.
Certains acteurs vont plus loin que la simple aide logistique. Granny & Charly, par exemple, a choisi de miser sur le compagnonnage intergénérationnel : un étudiant accompagne le senior, partage la sortie, crée du lien, le tout à un prix accessible (dès 13€/h) avec crédit d’impôt immédiat. Ce modèle souple, qui mêle convivialité et efficacité, séduit de plus en plus d’aînés.
La question financière n’est pas laissée de côté. Plusieurs aides allègent le coût des prestations : allocation personnalisée d’autonomie (APA), prestation de compensation du handicap (PCH), crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, paiement via CESU. Dans certains cas, la sécurité sociale prend en charge une partie des dépenses.
L’accompagnement ne s’arrête pas au pas de la porte : l’entreprise CetteFamille propose des formules d’accueil familial ou de colocation senior, pensées pour ceux qui veulent préserver une vie sociale active dans un cadre sécurisant. Les offres évoluent, s’ajustant aux besoins et envies de chaque génération.
Conseils simples pour rendre les courses du samedi plus agréables
Transformer la sortie du samedi en supermarché en un moment agréable ? C’est possible, à condition de s’organiser. Quelques astuces concrètes permettent de gagner en confort tout en favorisant le bien-être et la variété alimentaire. Préparer une liste de courses claire, bien structurée, fait toute la différence :
- regroupez les articles par rayons,
- précisez les quantités adaptées,
- anticipez l’ensemble des besoins hebdomadaires.
Cette méthode réduit les oublis et limite le temps passé en magasin, ce qui profite à celles et ceux dont la mobilité est fragile.
Une carte de fidélité glissée dans le portefeuille peut également s’avérer utile :
- les grandes enseignes (E. Leclerc, Carrefour…) lancent régulièrement des offres spéciales, parfois conçues pour les seniors.
- Des solutions comme le chèque différé ou reporté permettent de mieux étaler les paiements et d’ajuster son budget.
Le choix d’un chariot de course stable et maniable contribue à préserver l’autonomie, tout en réduisant les risques de fatigue ou de chute. Privilégier les horaires de début de matinée, lorsque les rayons sont moins fréquentés et le personnel plus disponible, facilite aussi la sortie.
L’alimentation reste une pierre angulaire du bien-vieillir :
- Le Programme national de nutrition santé (PNNS) recommande trois repas principaux, cinq portions de fruits et légumes par jour, des protéines variées, une consommation régulière de céréales, de produits laitiers et une hydratation suffisante.
- Veillez à la texture des aliments, à l’apport en fibres, à limiter sel et sucre : une alimentation équilibrée contribue à la vitalité, à la solidité osseuse, et soutient la mémoire.
Enfin, souvenez-vous : faire ses courses, c’est aussi l’occasion de croiser des visages connus, de discuter quelques instants avec un commerçant, de rompre la routine. Beaucoup de seniors choisissent d’être accompagnés par un proche, un voisin, un aidant ou un étudiant. La sortie prend alors une toute autre dimension : elle devient un moment de partage, loin de la corvée solitaire.
Le samedi matin, derrière le caddie, c’est parfois toute une vie sociale qui continue de battre, preuve que les courses ne sont jamais qu’une affaire de provisions.


