Il existe des dispositifs médicaux dont l’évocation suffit à crisper le plus stoïque des patients. La sonde JJ, ce petit tube oublié des projecteurs, en fait partie. Son rôle ? Indispensable, mais rarement expliqué avec clarté. Voici, sans détour, ce qu’il faut savoir sur son fonctionnement et ce qui vous attend si on vous la pose.
L’intervention
La pose d’une sonde JJ se déroule généralement sous anesthésie générale, parfois sous anesthésie rachidienne, autrement dit une injection dans le bas du dos. L’équipe médicale utilise une caméra miniature pour guider l’installation du tube à l’intérieur des voies urinaires. Après l’intervention, ce dispositif reste en place entre sept et quinze jours, le temps que votre organisme récupère ou que le passage de l’urine soit sécurisé.
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Le rôle de la sonde JJ
Voici dans quelles situations concrètes le recours à une sonde JJ s’impose :
- Prévenir les coliques néphrétiques, ces douleurs vives causées par un obstacle dans les voies urinaires. Lorsque l’urine s’accumule, la pression grimpe, provoquant une douleur caractéristique. La sonde JJ permet alors de rétablir la circulation.
- Après une intervention chirurgicale sur l’uretère, même si le calcul a été retiré. Le tube assure alors un écoulement optimal de l’urine pendant la période de cicatrisation.
Pendant l’hospitalisation
Les premières heures qui suivent la pose réservent parfois quelques surprises. Lors de la première miction, une douleur rénale peut se manifester. Ce phénomène s’explique par une montée d’urine dans le tube, la pression dans la vessie ayant tendance à augmenter. Cette gêne disparaît généralement en deux à trois jours. Pour faciliter l’évacuation de l’urine, il vaut mieux uriner régulièrement, sans attendre que la vessie soit pleine, et éviter de forcer.
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Il arrive aussi de constater la présence de sang dans les urines. Ce signe est habituel après la procédure, et peut persister tant que le tube reste en place. L’important est de s’hydrater suffisamment pour maintenir des urines rosées et prévenir la formation de caillots dans la vessie.
Après la sortie
Certains effets secondaires font partie du quotidien après la pose d’une sonde JJ. Voici ce à quoi s’attendre, et comment réagir :
- Envie fréquente d’uriner : La présence du tube dans la vessie peut donner l’impression de devoir uriner souvent. Si cela devient gênant, des médicaments antispasmodiques sont prescrits pour soulager ces envies pressantes.
- Sang dans les urines : Le frottement de la sonde contre la paroi de la vessie irrite la muqueuse, ce qui explique la coloration rose des urines. Cette situation est tolérable tant que le saignement reste modéré. Il est recommandé de boire plus de deux litres d’eau chaque jour pour diluer l’urine et limiter les risques de caillot.
- Fièvre : Ce symptôme n’est pas anodin. En cas de température élevée, il est impératif de contacter un médecin et d’effectuer une analyse d’urine au laboratoire. Il faut éviter toute prise d’antibiotique avant les résultats de l’examen.
- Fuites urinaires : Parfois, le tube est mal supporté. Cela peut se traduire par des envies soudaines d’uriner suivies de petites pertes involontaires. Un échange avec votre urologue permettra d’adapter le traitement, souvent à l’aide d’un médicament spécifique.
La sonde JJ, bien que discrète, marque le quotidien de ceux qui la portent. Mais une fois retirée, la plupart des désagréments s’effacent, laissant place à un soulagement palpable. La médecine, parfois intrusive, a aussi ce pouvoir : offrir une issue concrète là où la douleur semblait sans issue.

